Presse extrémiste de droite

Par Aurélien Samaria

La presse d'extrême droite est aujourd'hui en crise. Cette crise est essentiellement due à la scission du FN qui sème la confusion dans les organes de presse nationalistes: "National-Hebdo" comme il l'affirmait lui même le 18 mars 99, est le seul journal qui soutienne la campagne du Front national. "Minute" et "Présent" ont, quant à eux, préféré garder la plus grande neutralité possible et le FN-MN n'a finalement aucun journal pour l'appuyer.Toute cette désorganisation a eu pour conséquence de faire perdre à "National-hebdo" toute la partie de son lectorat qui appartient maintenant à l'électorat du FN-MN et Minute voit ses finances chuter si bien qu'il publiait un SOS aux lecteurs le 31 mars 99: Pour survivre, Minute appelle ses lecteurs à l'aide.

Dans le cadre de notre problématique, "l'extrême droite vue par la presse", nous avons choisi de nous focaliser sur les articles de "National-Hebdo", non seulement parceque nous ne désirions pas grossir le nombre de visiteurs de ce genre de site web ni enrichir des journaux tels que Minute, mais aussi parce que "National-Hebdo", puisqu'il soutient J-M Le Pen, nous a semblé plus que les autres habilité à parler du symbole de l'extrême droite en France: le FN. Bien sûr, "National-Hebdo" étant un journal partisan, la subjectivité de l'écriture était inévitable aussi avons nous cherché à déterminer quel message la presse nationaliste cherche à faire passer lorsqu'elle parle de l'extrême droite et quels procédés elle utilise pour arriver à ses fins. *Toutes les informations précédant cette astérisque ont été empruntées à Maryse Souchard, Laetitia et Sébastien Châtillon.

 

 

Lorsque l'extrême droite parle d'elle-même, elle cherche à se faire passer pour le sempiternel bouc-émissaire. A renfort de titres-choc, comme le poseur de bombes anti-FN bientôt libre, la presse extrémiste (ici, "National Hebdo") cherche à installer un esprit de totale paranoïa chez ses lecteurs. Cet article est particulièrement représentatif car le poseur de bombes représente une menace pour l' Etat, mais en plus il laisse entendre que les institutions politiques sont presque complices. En effet, l'article remet en cause la décision du tribunal correctionnel de Marseille puisqu'il s'indigne du fait que le poseur de bombes , Yves Peirat, n'ait été condamné qu' à 5 ans de prison ferme alors que le Nationaliste Michel Lajoye (...) avait été condamné à perpétuité... La subjectivité de National-Hebdo est évidente, mais n'y a-t-il pas présence de mensonge par omission? Car Michel Lajoye aurait ainsi été condamné pour avoir jeté un engin incendiaire dans un café Maghrébin sans faire de victimes. On peut se demander s'il s'agit de son seul crime, ou du plus récent, et on peut également remarquer que l'auteur, parlant d'un engin incendiaire, cherche à relativiser la portée de cet acte par rapport à la meurtrière bombe anti-FN. L'extrême-droite se présente comme un mouvement inoffensif (qui n'utilise que d'inoffencifs engins incendiaires) et surtout comme la victime systématique de mouvements terroristes et même des institutions juridiques.

Le même journal a publié un autre article intitulé Manœuvre contre le FN:

Une fois de plus (comme le laisse comprendre le titre) le FN est une victime, un paria de la démocratie: C'est le cas à Valence où tout a été mis en œuvre pour empêcher le FN de déposer sa liste pour les élections municipales dans la ville, s'indigne "National-Hebdo" qui conte tout au long de l'article les difficultés administratives de la tête de liste FN pour déposer sa candidature en invoquant les hauts principes de la démocratie. L'article s'achève ainsi: L'attitude du maire Chiraquien [le maire de Valence est RPR] est révélatrice de la conception que certains élus ont de la démocratie, lorsque celle-ci ne va pas dans leur sens. Le journal nationaliste veut présenter l'administration comme le seul obstacle qui éloigne le FN du pouvoir ce qui confère au lecteur la sensation d'appartenir à un mouvement fort, dont on a peur puisque lui donner une place dans la démocratie menace les autres, ne va pas dans leur sens.

D'autre part, il y a comme une incohérence dans la plaidoirie du journal en faveur d'un parti aussi anti-démocratique que le FN (si je me trompe, je veux bien recopier cent fois "Mein kampf"): selon quelle logique la démocratie devrait-elle protéger ceux qui la détruisentÝ? Si nous nous attardons sur ce point c'est pour montrer comment, par des phrases simples et pourtant riches en sous-entendus, les rédacteurs d'un journal comme "Nationnal-Hebdo" arrivent à orienter le lecteur vers une paranoïa qui le conforte dans son soutien des causes nationalistes.

Citons cependant encore un exemple, celui d'un article intitulé Le Pen et les Kurdes, une immigration de peuplementÝ, qui fait le compte-rendu d'une conférence du leader du FN introduite ainsi: Conformément aux consignes générales du boycott médiatique du Front National, très peu de journalistes étaient présents. Aucune radio, aucune télévision. En tout cas moi j'aurai fait mon devoir d'Etat a commenté le président du Front national. Ici aussi le FN serait victime d'un "boycott médiatique", pourtant lors de nos recherches dans le cadre des TPE nous n'avons pas rencontré d'immenses difficultés pour trouver, tous types de presse confondus, des articles concernant le parti susdit.

C'est donc une fois de plus le désir de présenter le FN comme un bouc-émissaire qui ressort de telles affirmations d'autant plus que les propos tenus par JM Le Pen en matière d'immigration ne constituent plus vraiment une information, ils sont connus de tous.